Vébilodule
India
Vébilodule
Vélocipède aèrien,
déjanté et déglingué,
tes rouages de trois fois rien
réchappés qui valdinguaient,
tes valses dingues qui s'oubliaient
au fond d'une benne, pauv'déchet.
vielles selles qui transportaient
des rêveurs et des pressés,
mais usées, vite depréciées,
on vous mettait au rencard.
Qui aurait pu se soucier
d'votre rythme samba et d'votre art.
Ferailles d'antan, vielles roues,
quand on vous trouve inutiles,
on vous jette avec dégoût.
Minable débris, truc débile,
carcasses dans la crasse, la casse,
récupérées de justesse,
pour peu que l'on se décarcasse,
on peut trouver des prouesses.
Quelle aubaine un vélomane,
des glingues en vrac assemblées,
du bricolage mélomane,
mélodie dingue qui d'emblée
l'emportait pour résonner.
Déraisonnable attention,
rouler et s'abandonner.
Sans raison, cette invention
débaroule son attirail.
Byclo sonore pas réglo
sorti du chemin des rails
et sous un air rigolo
ses tintements qui déraillent.
Envolées, tes roues voilées
s'accordent au rythme des ballets.
Diapason qui effarouche,
tes ailes d'acier sont des fourches.
Asie, berceau des montées,
pentatonique renversée,
tes ossements d'acier,
que ton âme les fassent vibrer.
Oiseau au coeur brésilien,
sauvage objet détourné,
soucis changé en moyen
de pouvoir encore tourner,
chaviré et retourné.
Cycle désaxé du mobile,
un tour de clef entourné
et un max' de sons défilent.
Vébilodule qui voltige,
des poubelles tu survécut,
tu m'offre encore ton prestige.
Tu t'es sauvé du rebut,
t'as encore de l'utilité.
Que m'importe ta fonction,
grâce à de l'agilité,
vive la transformation !
Et puis cette machinerie
a au moins cet avantage :
elle ne fait pas de cochonneries,
elle cherche juste à plaire davantage.
